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LA DYSCALCULIE

janvier 19th, 2009 by cfieljadida2009

LA DYSCALCULIE

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par Pascale Croteau

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____Psychologue spécialisée en neuropsychologie
Institut Raymond-Dewar
La dyscalculie s’avère un trouble du calcul qui consiste en un retard significatif dans les
tests standardisés de mathématiques relativement à l’âge de développement de l’enfant.
Ce retard interfère avec la réussite scolaire et ne s’expliquerait pas par un déficit sensoriel
ou une déficience intellectuelle.
Différentes problématiques peuvent être à la base des difficultés en mathématiques
retrouvées chez ces enfants. Il importe en effet d’évaluer l’ensemble de leur
fonctionnement cognitif afin de trouver les méthodes d’interventions les plus appropriées.
Ainsi, tout d’abord, il importe d’investiguer les capacités de compréhension verbale des
enfants, ces dernières étant susceptibles d’entraver la compréhension des énoncés.
Des limites au plan émotionnel peuvent engendrer des erreurs d’inattention telles que
d’effectuer la mauvaise opération (ex. effectuer une soustraction à la place d’une
addition), ne pas compter adéquatement ou omettre des emprunts et des retenues.
Des problèmes exécutifs (fonctions exécutives) peuvent également nuire à la résolution
de problèmes par des erreurs persévératives ( faire plusieurs fois la même erreur de
manière rigide) des difficultés à élaborer des stratégies ou à réfléchir à plusieurs pistes de
solutions possibles ou alors une trop grande impulsivité ( qui entrave la capacité à suivre
les étapes de résolution).
Il est aussi important de posséder de bonnes capacités mnésiques (mémoire) pour réussir
en mathématiques, car elles permettent le calcul mental (mémoire de travail) de même
que l’apprentissage des tables de calcul.
Par ailleurs, les difficultés des enfants présentant une dyscalculie peuvent aussi résider en
des problèmes d’ordre visuo-spatial, ce qui affecte l’organisation spatiale des problèmes et
l’alignement des chiffres. Ce type de difficulté peut aussi avoir un lien avec les limites que
présentent certains enfants à se représenter visuellement les problèmes et à comprendre
des notions visuo-spatiales comme la mesure ou la géométrie.
Finalement, un trouble de lecture peut empêcher la lecture des énoncés ou des chiffres ou
causer des inversions lors de l’écriture des nombres.
Des difficultés spécifiques relatives aux procédures mathématiques (comment on fait une
addition, une soustraction, ce que ça représente) ou au traitement des informations
mathématiques (langage mathématique) existent également.
Plusieurs recommandations peuvent donc être émises pour tenter de remédier à
certaines de ces difficultés ou pour y compenser. Voici quelques exemples:
û un support en orthopédagogie peut être très aidant  û des exercices concrets dans lesquels des situations de la vie de tous les jours sont
impliquées (ex. épicerie…) permettent de meilleurs apprentissages (approche
multimodale, concrète…) de même que l’utilisation de matériel visant comme des
dessins, de vrais objets, des réglettes etc.
û une approche multisensorielle peut également être utilisée pour l’apprentissage des
tables (ex. en sautant, en chantant, en boxant etc.) de même que l’esprit de
réflexion de l’enfant qui peut élaborer des stratégies (ex. pour la table du 9, les
chiffres composant la réponse donnent toujours 9, comme 9×2= 18 (1+8= 9),
9×3=27 (2+7=9) 9×4=36 (3+6=9) etc.
û par ailleurs, certaines adaptations comme des calculatrices ou des tableaux de
multiplication peuvent être nécessaires dans certains cas.
û la possibilité d’avoir accès à des anciens examens ou à des exemples types permet à
l’enfant de se familiariser avec le type de question qui sera posée et de pouvoir
mieux anticiper ce qu’on attend de lui. Lors de l’étude, il importe aussi de réduire
les attentes envers ces enfants (réduire la quantité au profit de la qualité)
û lors des examens, il importe de leur laisser plus de temps que les autres, de leur
permettre certaines adaptations et de corriger autant leur démarche que la
réponse obtenue
û pour les enfants manifestant des problèmes de compréhension, il pourra être
indiqué que quelqu’un lise les énoncés pour l’enfant et soit disponible pour
répondre aux difficultés relatives aux problèmes de compréhension
û pour des difficultés spatiales, du papier quadrillé peut être employé pour réduire les
difficultés d’alignement
û pour les enfants avec difficultés attentionnelles et exécutives, il pourrait être
bénéfique d’obtenir un examen plus approfondi de ces fonctions en
neuropsychologie pour connaître les stratégies adaptées aux difficultés de l’enfant.
L’enseignement d’une méthode de travail devient alors essentielle. Il s’agit, pour
l’enfant, de:
- commencer par encercler la question et de souligner les informations pertinentes
(en biffant celles qui ne le sont pas)
- se demander s’il a déjà fait quelque chose comme ça et y référer s’il y a lieu
(manuels, professeur…)
- tenter d’illustrer ce qu’il comprend
- se dresser un plan avec l’ordre des opérations à effectuer
- vérifier ses calculs (en employant au besoin une liste de vérification (à cocher) sur
laquelle figurent les principales erreurs que l’enfant commet le plus souvent

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